Le lundi 23 septembre 2002

Bioterrorisme:
la vaccination massive contre la variole prévue

Agence France-Presse
Washington
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A52992-2002Sep22.html

Les responsables américains de la santé vont publier ce lundi un plan prévoyant la vaccination de toute la population américaine contre la variole en cas d'attaque bioterroriste, révèle le même jour le Washington Post.

La publication d'instructions détaillées, qui seront envoyées aux services de santé aussi bien au niveau fédéral que local, est une mesure sans précédent, ont déclaré des responsables au journal.

Le plan aborde tous les problèmes liés à cette vaccination massive, des questions de logistique au traitement des graves effets secondaires.

Il prévoit, à la première alerte, de vacciner dans les cinq jours quelque 288 millions de personnes.

Il ne sera activé «que si» un cas de variole est diagnostiqué, ce que «les responsables de l'administration jugent improbable mais pas impossible».

Les dispositions prises par le plan prévoient de «vacciner le plus grand nombre de personnes dans le laps de temps le plus court», a indiqué Michael Osterholm, expert en santé publique à l'université du Minnesota et conseiller du gouvernement.

La variole, une maladie éradiquée en 1980 dont le dernier cas remonte à plusieurs décennies aux États-Unis, est provoquée par un virus aujourd'hui considéré comme l'arme bioterroriste la plus dangereuse, en raison de son caractère extrêmement contagieux et d'un taux de mortalité élevé, autour de 30%.

«Pour le moment, l'administration Bush ne prévoit pas d'inoculer les 288 millions d'habitants des États-Unis, d'une part parce que la probabilité d'une attaque est incertaine, et d'autre part parce que le vaccin peut provoquer des effets secondaires graves et parfois mortels», précise toutefois le quotidien.

En revanche une partie de la population américaine pourrait être vaccinée à titre préventif. Les responsables américains envisagent de vacciner de 20 000 à 500 000 personnes, essentiellement des personnels de santé, selon le Post.

Les États-Unis soupçonnent l'Irak de stocker clandestinement le virus de la variole. Seuls les États-Unis et la Russie ont reconnu posséder des stocks du virus.