![]() CONSPIRATION.CC est apolitisé. Pas de parti pris sauf la vérité et le respect. Cependant il est difficile d'avoir des comptes rendus internationaux de ce qui se passent ou plutôt se trame dans ces régions éloignées. Alors mon ami Luculus m'a envoyé cet artice de Metula News Agency qui vous éclairera quelque peu sur le positionnement des troupes américaines autour de l'Irak et la situation politique de ces régions qui se répète après celle de l'Afghanistan. Même stratagème excepté qu'on se sert des kurdes contre les Irakiens et bien d'autres manigances se complotent pour récupérer tout le pétrole des pays "terroristes". L'Arabie Séoudite devrait suivre bientôt... j'imagine! :-) Amitié Nenki
Vers la guerre Les bases américaines, à cet endroit, abritent déjà environ 5.000 militaires et à la fin de lexercice, ils seront entre 8 et 10.000. Officiellement, il sagit de "manuvres de routine prévues de longue date" mais en vérité et personne nest dupe on assiste à la prise de ses positions de lune des forces américaines dintervention contre le régime de Saddam Hussein. Côté monarchie Hachémite, on maintient la version officielle : "on est ici opposé à toute action contre Bagdad, qui risque fort de tourner à la catastrophe régionale." En écoutant cette version gouvernementale, je ne peux mempêcher de me rappeler ce que feu mon ami le roi Hussein, le père du souverain actuel et Fayçal, lun de ses autres fils, mavaient dit à propos de Saddam et des Irakiens. Cétait, par une journée brûlante darrière été levantin, ils mavaient invité à venir les rencontrer ; nous buvions le verre de lamitié dans les somptueux salons de lescadrille royale, dans lancien aéroport dAman. Participait également à cette réunion de pilotes le commandant de larmée de lair jordanienne. Cétait un homme roux, à lallure caricaturalement britannique, trempé dans une jovialité et un détachement qui ne trahissaient pas son apparence extérieure. Voyant que je métonnait du look de son général, le roi me lança : "Nous aussi, nous mettons nos Ashkénazes dans larmée de lair, Stéphane, ny voyez rien dextraordinaire !" Passées les formules de politesse orientales, les plaisanteries et les échanges de généralités sur létat de la région qui prévalait alors, le roi Hussein me saisit lavant bras et, tandis que son visage buriné par la maladie séclairait dune passion soudaine, il me gratifia dun conseil quil jugeait sûrement indispensable : "Stéphane, naccordez jamais la moindre confiance à ces fils de p. dIrakiens, ce sont des voyous sanguinaires" et Fayçal de renchérir aux propos de son père : "Ce sont des voyous et ça restera toujours des voyous". Voilà pour la réputation dont jouit Saddam Hussein à la cour Hachémite et jai de bonnes raisons de douter que les choses aient changé depuis que mon courageux ami a quitté son royaume terrestre pour celui des cieux quil aimait tant. Abdullah a choisi une attitude prudente envers le déclenchement probable dun nouveau conflit américano-iraquien. Il restera officiellement opposé à la guerre jusquà ce quelle néclate. Ainsi, si George Bush changeait davis et renonçait à détrôner Saddam Hussein, et que la petite Jordanie se retrouvait à nouveau seule dans le voisinage de son remuant voisin, elle pourrait toujours espérer maintenir le statut quo prévalant actuellement. Si, toutefois, lattaque américaine commençait, nul doute que le royaume Hachémite mettrait toute son énergie à bouter Saddam et sa clique hors de leur univers. Pour le moment, lattitude du pouvoir jordanien est déjà plus que débonnaire vis-à-vis des préparatifs américains, simplement, il se garde de le crier sur les toits. La Jordanie est solidement ancrée dans la coopération sécuritaire avec Israël et les Etats-Unis.. Il ne se passe en effet pas une seule semaine, sans que les unités bédouines ninterceptent des commandos palestiniens, frais émoulus des camps dentraînement irakiens, pendant quils sapprochent de la frontière orientale de lEtat hébreu. Ce dernier sétant également vu aménager par Aman un droit de poursuite des Fedayins qui essaient déchapper à Tsahal sur la rive est du Jourdain. De leur côté, les experts israéliens conseillent les officiers jordaniens et on entend souvent parler hébreu aux confins de la frontière irakienne du royaume Hachémite. Pour tout dire, la région qui se situe autour et à louest de Ar Rutbah en Irak (voir la carte), appelée H3 par les Israéliens, est la région la plus sensible, du point de vue stratégique, pour tous les Etats se trouvant sur une trajectoire de confrontation avec le régime de Bagdad. Cest de H3 quétaient partis, en janvier 1991, les Scuds qui allaient sabattre sur les métropoles israéliennes et sur des régions limitrophes de lIrak. Cest dici que, selon les craintes des alliés de 2002, le pire est à nouveau à craindre. H3 est une large bande de désert, dont le pastoralisme nest dérangé que par lactivité de lautoroute Aman-Bagdad, le poumon artificiel de léconomie irakienne, en ces temps dembargo. Et puis, il y a ces routes stratégiques, interdites au regard des civils, qui semblent conduire nulle part et qui senfoncent dans limmensité désertique. Cest sous certains de leurs croisements, que Saddam Hussein a tissé une nébuleuse souterraine, qui cache des réservoirs de carburant de missiles, des rampes de lancement, des missiles et des ogives diverses. Les caches sont si bien faites, que depuis les airs, on ne distingue absolument rien. A tel point, quà en croire les observations qui ont suivi la guerre de 91, aucune des installations de lancement des Scud de H3 naurait été détruite par les bombardements massifs américains et britanniques. Pour les Israéliens, la particularité saillante et désagréable des bases de H3, cest surtout que ce sont les seules qui se trouvent suffisamment proches de leur Etat afin de pouvoir latteindre depuis le territoire irakien. A Jérusalem et à Washington on pense, pour le surplus, quil est possible que le tyran de Bagdad ait désormais réussi à équiper ses Scud de charges non conventionnelles ; on pense ici à des charges chimiques et biologique et on considère la menace avec le plus grand des sérieux. Les autorités israéliennes ont pris à cet égard des mesures durgences, elles consistent à vacciner les forces de sécurité, de secours et le personnel médical contre les virus que lon suppose être en possession du despote irakien. Dautre part, on amasse des quantités dantidotes suffisantes afin de prémunir, le moment venu, lensemble de la population. Au plan militaire aussi, larmée a été mise en état dalerte. On a, par exemple, récemment doté certaines escadrilles de F-16 daménagements leurs permettant demporter des armes nucléaires. Dans larmée de lair, on appelle ces avions des "adaptés nuke" (Toamé Atom). Onze escadrilles en sont équipées et ils sont répartis sur les bases de Netivim, de Ramon, de Ramat David et de Khatzor, aux quatre coins du pays. Ces avions représentent lune des trois options de riposte non conventionnelle à une attaque irakienne du même type, ils sajoutent aux divers missiles balistiques et de croisière à disposition du gouvernement israélien et des fusées qui peuvent être tirées des sous-marins de la classe Dauphin, de fabrication allemande. On peut concevoir quIsraël dispose ainsi, du point de vue stratégique, avec ses trois types de véhicules à disposition, dun véritable deuxième recours. Entendez par là, que si lEtat hébreu était sujet à une attaque non conventionnelle, qui anéantissait son premier potentiel de riposte, il lui resterait dautres véhicules à disposition afin de pratiquer une contre-attaque contre son agresseur. Je sais que ce discours et ces comptes dépiciers nucléaires ont de quoi effrayer les lecteurs mais ils effrayent aussi Saddam Hussein et cest pour cela que ces armes existent. Dans tous les cas, on considère à Métula, que si Israël est attaquée par des armes non conventionnelles, même si les missiles anti-balistiques de fabrication locale Khetz (la Flèche) parviennent à les neutraliser en vol, Israël répondra également par des arguments non conventionnels mais pas forcément par des charges atomiques classiques dont leffet sera de mettre Saddam Hussein définitivement hors détat de continuer à nuire. A la Ména, nous avons des lecteurs futés, à rendre jaloux nombre de nos confrères francophones ! Ces dégourdis sont restés sur H3 et se disent : "Avant de réfléchir en termes nucléaires, pourquoi ne pas sarranger, dabord, pour neutraliser H3 ! Si Saddam Hussein ne peut atteindre Israël QUE depuis H3, en anéantissant cette zone, on émascule le Gargamel de Bagdad. Privé des ressources de lancer des armes apocalyptiques sur ses voisins, le président irakien ne serait plus quun pantin désarticulé, qui attendrait, impuissant, que les armées américaines ne viennent le renverser de son trône." Ils ont raisons, ces lecteurs, de penser dans ces termes, cest dailleurs dans le but de neutraliser H3 que les commandos américains se massent le long de la frontière irakienne. De leurs bases, ils se trouvent à moins de 70 kilomètres des premières positions supposées des lanceurs de Scud. Reste une inconnue dans ce raisonnement mais elle est de taille - et cest elle qui oblige les alliés à effectuer des préparatifs en vue dune guerre autrement plus compliquée : Il est en effet possible que Saddam Hussein se soit procuré des Scud plus modernes, qui ont un rayon daction de 1200 à 1300 kilomètre au lieu des 700 kilomètres pour ceux utilisés durant la guerre du Golfe. Si cétait le cas rien de tangible ne permet daffirmer ou dinfirmer cette éventualité la situation de H3 sen verrait dé-stratégisée du même coup, puisque le dictateur pourrait alors répandre ses missiles balistiques depuis dautres étendues de son territoire. Ainsi, si on entend procéder à une réflexion stratégique correcte, il faut penser à détruire rapidement H3, en même temps quil faut localiser et être capable danéantir dautres emplacements de lancement de Scud. Simultanément, il faut déclencher une attaque terrestre capable de prendre Bagdad dans un laps relativement court. A cette fin, les Américains et les Israéliens courtisent la minorité kurde du nord de lIrak. Lorsque vous entendez parler, ces jours, dune campagne à lAfghane, cest de cela quil sagit. Les Kurdes y tiendraient le rôle de lAlliance du Nord. Les Kurdes sont une peuplade non arabe qui subit les maltraitances de Saddam Hussein depuis son accession au pouvoir. En Irak, ils représentent 23% de la population totale, soit environ 5 millions de personnes. Ils sont implantés dans une région située au nord de Bagdad, dans une zone délimitée (voir la carte) par les villes de Mosul, Kirkük et Al Sulaymaniyah, dont la limite sud nest distante de Bagdad que dun peu plus de 300 kilomètres. Dans le concept global des intentions américaines, il sagit dune plateforme et dun allié potentiel idéaux. Surtout quavec laide active des Occidentaux, une grande partie du territoire kurde-irakien jouit déjà dune large autonomie politique vis-à-vis du pouvoir de Bagdad. Autre élément favorable, la région kurde est adossée à la frontière de lallié fidèle turc, ce qui facilite grandement les approvisionnements et les communications. Lun des deux clans kurdes dominants sest dailleurs rallié ouvertement à la nouvelle coalition américaine et se prépare la bagarre, sous lil des formateurs de la CIA. Le problème avec les Kurdes ressemble à celui que rencontrent les Américains avec la Jordanie : Quand on a un voisin irrationnel et sanguinaire, les paroles ne suffisent pas ! Et les Kurdes ont déjà payé très cher leurs excès dempressement passés ; à lheure de vérité, ils se sont par deux fois retrouvés démunis face à la vengeance sauvage de larmée du dictateur bagdadien et ils ont alors relevé leurs morts par dizaines de milliers. On comprend mieux, en examinant les besoins sécuritaires des Kurdes et des Jordaniens, pourquoi la détermination publique de George Bush à chasser Saddam Hussein est cruciale pour le succès de la campagne militaire elle-même. On saisit du même coup, à quel point le travail de sape contre ladite campagne, emmenée en Europe par la France, est encombrante. Elle donne, par exemple, du poids aux menaces prononcées hier par Saddam Hussein à lencontre des Kurdes et des retombées de leur alliance avec le Grand Satan. Chaque source de doute est amplifiée par Bagdad et, accompagné un clin dil menaçant, son président monstrueux lève un index admonestateur vers ses voisins, pour leurs dire : "Si je men tire, je moccuperai de vous, comme je me suis déjà occupé de vous par le passé !" Les Kurdes rêvent dun Etat indépendant, les Jordaniens, les Saoudiens et les Koweitiens rêvent davoir la paix, les Israéliens rêvent que la menace non conventionnelle, mise dans les mains dun dément, contre leur population séloigne. A Métula, on se rappelle forcément quun pays civilisé, sous limpulsion de son président actuel, avait doté Saddam Hussein de larme atomique et que son ministre de la défense président des amitiés France-Irak dalors - avait démissionné afin de protester contre le déclenchement de la Tempête du Désert. On se dit, à Métula, quau-delà de linconscience diceux et de leur nombrilisme stratégique, les habitants de cette région méritent un régime décent en Irak et on rêve quant à nous dun Irak solidement démocratisé, avec un parlement qui parlemente, des partis politiques qui sengueulent et des citoyens qui respirent. Et si Saddam Hussein était remplacé par un tel régime, les pays extrémistes que sont lIran et la Syrie sen trouveraient totalement isolés et leur terrorisme se mettrait à suffoquer. Le Moyen-Orient aurait alors une chance dévoluer vers un développement harmonieux et durable, ses habitants auraient alors une chance de vivre et de cesser de survivre. Par Stéphane Juffa © Metula News Agency Vers la guerre ? Par Stéphane Juffa © Metula News Agency Les bases américaines, à cet endroit, abritent déjà environ 5.000 militaires et à la fin de lexercice, ils seront entre 8 et 10.000. Officiellement, il sagit de "manuvres de routine prévues de longue date" mais en vérité et personne nest dupe on assiste à la prise de ses positions de lune des forces américaines dintervention contre le régime de Saddam Hussein. Côté monarchie Hachémite, on maintient la version officielle : "on est ici opposé à toute action contre Bagdad, qui risque fort de tourner à la catastrophe régionale." En écoutant cette version gouvernementale, je ne peux mempêcher de me rappeler ce que feu mon ami le roi Hussein, le père du souverain actuel et Fayçal, lun de ses autres fils, mavaient dit à propos de Saddam et des Irakiens. Cétait, par une journée brûlante darrière été levantin, ils mavaient invité à venir les rencontrer ; nous buvions le verre de lamitié dans les somptueux salons de lescadrille royale, dans lancien aéroport dAman. Participait également à cette réunion de pilotes le commandant de larmée de lair jordanienne. Cétait un homme roux, à lallure caricaturalement britannique, trempé dans une jovialité et un détachement qui ne trahissaient pas son apparence extérieure. Voyant que je métonnait du look de son général, le roi me lança : "Nous aussi, nous mettons nos Ashkénazes dans larmée de lair, Stéphane, ny voyez rien dextraordinaire !" Passées les formules de politesse orientales, les plaisanteries et les échanges de généralités sur létat de la région qui prévalait alors, le roi Hussein me saisit lavant bras et, tandis que son visage buriné par la maladie séclairait dune passion soudaine, il me gratifia dun conseil quil jugeait sûrement indispensable : "Stéphane, naccordez jamais la moindre confiance à ces fils de p. dIrakiens, ce sont des voyous sanguinaires" et Fayçal de renchérir aux propos de son père : "Ce sont des voyous et ça restera toujours des voyous". Voilà pour la réputation dont jouit Saddam Hussein à la cour Hachémite et jai de bonnes raisons de douter que les choses aient changé depuis que mon courageux ami a quitté son royaume terrestre pour celui des cieux quil aimait tant. Abdullah a choisi une attitude prudente envers le déclenchement probable dun nouveau conflit américano-iraquien. Il restera officiellement opposé à la guerre jusquà ce quelle néclate. Ainsi, si George Bush changeait davis et renonçait à détrôner Saddam Hussein, et que la petite Jordanie se retrouvait à nouveau seule dans le voisinage de son remuant voisin, elle pourrait toujours espérer maintenir le statut quo prévalant actuellement. Si, toutefois, lattaque américaine commençait, nul doute que le royaume Hachémite mettrait toute son énergie à bouter Saddam et sa clique hors de leur univers. Pour le moment, lattitude du pouvoir jordanien est déjà plus que débonnaire vis-à-vis des préparatifs américains, simplement, il se garde de le crier sur les toits. La Jordanie est solidement ancrée dans la coopération sécuritaire avec Israël et les Etats-Unis.. Il ne se passe en effet pas une seule semaine, sans que les unités bédouines ninterceptent des commandos palestiniens, frais émoulus des camps dentraînement irakiens, pendant quils sapprochent de la frontière orientale de lEtat hébreu. Ce dernier sétant également vu aménager par Aman un droit de poursuite des Fedayins qui essaient déchapper à Tsahal sur la rive est du Jourdain. De leur côté, les experts israéliens conseillent les officiers jordaniens et on entend souvent parler hébreu aux confins de la frontière irakienne du royaume Hachémite. Pour tout dire, la région qui se situe autour et à louest de Ar Rutbah en Irak (voir la carte), appelée H3 par les Israéliens, est la région la plus sensible, du point de vue stratégique, pour tous les Etats se trouvant sur une trajectoire de confrontation avec le régime de Bagdad. Cest de H3 quétaient partis, en janvier 1991, les Scuds qui allaient sabattre sur les métropoles israéliennes et sur des régions limitrophes de lIrak. Cest dici que, selon les craintes des alliés de 2002, le pire est à nouveau à craindre. H3 est une large bande de désert, dont le pastoralisme nest dérangé que par lactivité de lautoroute Aman-Bagdad, le poumon artificiel de léconomie irakienne, en ces temps dembargo. Et puis, il y a ces routes stratégiques, interdites au regard des civils, qui semblent conduire nulle part et qui senfoncent dans limmensité désertique. Cest sous certains de leurs croisements, que Saddam Hussein a tissé une nébuleuse souterraine, qui cache des réservoirs de carburant de missiles, des rampes de lancement, des missiles et des ogives diverses. Les caches sont si bien faites, que depuis les airs, on ne distingue absolument rien. A tel point, quà en croire les observations qui ont suivi la guerre de 91, aucune des installations de lancement des Scud de H3 naurait été détruite par les bombardements massifs américains et britanniques. Pour les Israéliens, la particularité saillante et désagréable des bases de H3, cest surtout que ce sont les seules qui se trouvent suffisamment proches de leur Etat afin de pouvoir latteindre depuis le territoire irakien. A Jérusalem et à Washington on pense, pour le surplus, quil est possible que le tyran de Bagdad ait désormais réussi à équiper ses Scud de charges non conventionnelles ; on pense ici à des charges chimiques et biologique et on considère la menace avec le plus grand des sérieux. Les autorités israéliennes ont pris à cet égard des mesures durgences, elles consistent à vacciner les forces de sécurité, de secours et le personnel médical contre les virus que lon suppose être en possession du despote irakien. Dautre part, on amasse des quantités dantidotes suffisantes afin de prémunir, le moment venu, lensemble de la population. Au plan militaire aussi, larmée a été mise en état dalerte. On a, par exemple, récemment doté certaines escadrilles de F-16 daménagements leurs permettant demporter des armes nucléaires. Dans larmée de lair, on appelle ces avions des "adaptés nuke" (Toamé Atom). Onze escadrilles en sont équipées et ils sont répartis sur les bases de Netivim, de Ramon, de Ramat David et de Khatzor, aux quatre coins du pays. Ces avions représentent lune des trois options de riposte non conventionnelle à une attaque irakienne du même type, ils sajoutent aux divers missiles balistiques et de croisière à disposition du gouvernement israélien et des fusées qui peuvent être tirées des sous-marins de la classe Dauphin, de fabrication allemande. On peut concevoir quIsraël dispose ainsi, du point de vue stratégique, avec ses trois types de véhicules à disposition, dun véritable deuxième recours. Entendez par là, que si lEtat hébreu était sujet à une attaque non conventionnelle, qui anéantissait son premier potentiel de riposte, il lui resterait dautres véhicules à disposition afin de pratiquer une contre-attaque contre son agresseur. Je sais que ce discours et ces comptes dépiciers nucléaires ont de quoi effrayer les lecteurs mais ils effrayent aussi Saddam Hussein et cest pour cela que ces armes existent. Dans tous les cas, on considère à Métula, que si Israël est attaquée par des armes non conventionnelles, même si les missiles anti-balistiques de fabrication locale Khetz (la Flèche) parviennent à les neutraliser en vol, Israël répondra également par des arguments non conventionnels mais pas forcément par des charges atomiques classiques dont leffet sera de mettre Saddam Hussein définitivement hors détat de continuer à nuire. A la Ména, nous avons des lecteurs futés, à rendre jaloux nombre de nos confrères francophones ! Ces dégourdis sont restés sur H3 et se disent : "Avant de réfléchir en termes nucléaires, pourquoi ne pas sarranger, dabord, pour neutraliser H3 ! Si Saddam Hussein ne peut atteindre Israël QUE depuis H3, en anéantissant cette zone, on émascule le Gargamel de Bagdad. Privé des ressources de lancer des armes apocalyptiques sur ses voisins, le président irakien ne serait plus quun pantin désarticulé, qui attendrait, impuissant, que les armées américaines ne viennent le renverser de son trône." Ils ont raisons, ces lecteurs, de penser dans ces termes, cest dailleurs dans le but de neutraliser H3 que les commandos américains se massent le long de la frontière irakienne. De leurs bases, ils se trouvent à moins de 70 kilomètres des premières positions supposées des lanceurs de Scud. Reste une inconnue dans ce raisonnement mais elle est de taille - et cest elle qui oblige les alliés à effectuer des préparatifs en vue dune guerre autrement plus compliquée : Il est en effet possible que Saddam Hussein se soit procuré des Scud plus modernes, qui ont un rayon daction de 1200 à 1300 kilomètre au lieu des 700 kilomètres pour ceux utilisés durant la guerre du Golfe. Si cétait le cas rien de tangible ne permet daffirmer ou dinfirmer cette éventualité la situation de H3 sen verrait dé-stratégisée du même coup, puisque le dictateur pourrait alors répandre ses missiles balistiques depuis dautres étendues de son territoire. Ainsi, si on entend procéder à une réflexion stratégique correcte, il faut penser à détruire rapidement H3, en même temps quil faut localiser et être capable danéantir dautres emplacements de lancement de Scud. Simultanément, il faut déclencher une attaque terrestre capable de prendre Bagdad dans un laps relativement court. A cette fin, les Américains et les Israéliens courtisent la minorité kurde du nord de lIrak. Lorsque vous entendez parler, ces jours, dune campagne à lAfghane, cest de cela quil sagit. Les Kurdes y tiendraient le rôle de lAlliance du Nord. Les Kurdes sont une peuplade non arabe qui subit les maltraitances de Saddam Hussein depuis son accession au pouvoir. En Irak, ils représentent 23% de la population totale, soit environ 5 millions de personnes. Ils sont implantés dans une région située au nord de Bagdad, dans une zone délimitée (voir la carte) par les villes de Mosul, Kirkük et Al Sulaymaniyah, dont la limite sud nest distante de Bagdad que dun peu plus de 300 kilomètres. Dans le concept global des intentions américaines, il sagit dune plateforme et dun allié potentiel idéaux. Surtout quavec laide active des Occidentaux, une grande partie du territoire kurde-irakien jouit déjà dune large autonomie politique vis-à-vis du pouvoir de Bagdad. Autre élément favorable, la région kurde est adossée à la frontière de lallié fidèle turc, ce qui facilite grandement les approvisionnements et les communications. Lun des deux clans kurdes dominants sest dailleurs rallié ouvertement à la nouvelle coalition américaine et se prépare la bagarre, sous lil des formateurs de la CIA. Le problème avec les Kurdes ressemble à celui que rencontrent les Américains avec la Jordanie : Quand on a un voisin irrationnel et sanguinaire, les paroles ne suffisent pas ! Et les Kurdes ont déjà payé très cher leurs excès dempressement passés ; à lheure de vérité, ils se sont par deux fois retrouvés démunis face à la vengeance sauvage de larmée du dictateur bagdadien et ils ont alors relevé leurs morts par dizaines de milliers. On comprend mieux, en examinant les besoins sécuritaires des Kurdes et des Jordaniens, pourquoi la détermination publique de George Bush à chasser Saddam Hussein est cruciale pour le succès de la campagne militaire elle-même. On saisit du même coup, à quel point le travail de sape contre ladite campagne, emmenée en Europe par la France, est encombrante. Elle donne, par exemple, du poids aux menaces prononcées hier par Saddam Hussein à lencontre des Kurdes et des retombées de leur alliance avec le Grand Satan. Chaque source de doute est amplifiée par Bagdad et, accompagné un clin dil menaçant, son président monstrueux lève un index admonestateur vers ses voisins, pour leurs dire : "Si je men tire, je moccuperai de vous, comme je me suis déjà occupé de vous par le passé !" Les Kurdes rêvent dun Etat indépendant, les Jordaniens, les Saoudiens et les Koweitiens rêvent davoir la paix, les Israéliens rêvent que la menace non conventionnelle, mise dans les mains dun dément, contre leur population séloigne. A Métula, on se rappelle forcément quun pays civilisé, sous limpulsion de son président actuel, avait doté Saddam Hussein de larme atomique et que son ministre de la défense président des amitiés France-Irak dalors - avait démissionné afin de protester contre le déclenchement de la Tempête du Désert. On se dit, à Métula, quau-delà de linconscience diceux et de leur nombrilisme stratégique, les habitants de cette région méritent un régime décent en Irak et on rêve quant à nous dun Irak solidement démocratisé, avec un parlement qui parlemente, des partis politiques qui sengueulent et des citoyens qui respirent. Et si Saddam Hussein était remplacé par un tel régime, les pays extrémistes que sont lIran et la Syrie sen trouveraient totalement isolés et leur terrorisme se mettrait à suffoquer. Le Moyen-Orient aurait alors une chance dévoluer vers un développement harmonieux et durable, ses habitants auraient alors une chance de vivre et de cesser de survivre. Par Stéphane Juffa © Metula News Agency |